Histoire

jeudi 9 juillet 2015
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L’Amicale Laïque | L’école publique | L’Erdre | Porterie ou Portricq ?

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D’autres textes de Louis Le Bail sont sur le Petit Journal...

L’AMICALE LAÏQUE

Le Nord-est de la ville de Nantes s’industrialise avec l’édification de l’usine des Batignolles qui emploie près de 3000 ouvriers en 1922. Des villages de maisons de bois sont construits "provisoirement" (et dureront jusqu’en 1970) la Halvêque - la Baratte - le Ranzai ... Des manifestations de masse ont lieu en 1927 Place Graslin réclamant des ressources suffisantes afin d’assurer le bon fonctionnement des écoles publiques.

C’est dans ce contexte que germe le Groupement de Défense Laïque de St Joseph de Portricq qui sera constitué au printemps 1931 et déclaré, le 6 juin à la préfecture par son premier président Charles Neveu.

Son siège social : Café de l’Industrie, route de Paris et ensuite, Café du Printemps (approximativement en lieu et place de la station-essence Leclerc Paridis). Les activités du groupement peuvent se résumer aux actions suivantes :

  • participation aux débats, réunions, manifestations pour la défense et la promotion de l’école publique et laïque
  • organisation des fêtes de Noël flamandes (qui se déroulaient au siège), de fin d’année avec remise des prix qui se tenaient dans les écoles de St Joseph de Porterie et des Batignolles
  • création et fonctionnement d’une bibliothèque, toujours existante à St Joseph
  • subventions aux écoles (dons de livres, papeterie)
  • distribution de vêtements aux enfants nécessiteux
  • voyages de fin d’année
  • participation aux soupes populaires (grèves de 1936), secours aux plus défavorisés.

On note aussi qu’une subvention était versée pour le voyage de fin d’études des normaliens et normaliennes.

Pour être membre du groupement, il fallait :

  • s’engager sur l’honneur à confier ses enfants à l’école publique
  • être parrainé par deux membres de l’Association.

Une discussion très ouverte, qui a nécessité plusieurs réunions du Conseil d’Administration, fut engagée pour parvenir à l’affiliation du groupement à la Fédération des Amicales Laïques. Une vie très intense, qui dans la période de 1940 à 1944, se limitera à des activités incognito dans les écoles.

En 1945, dans la liesse de la Libération, est créée l’Amicale Laïque des Batignolles qui s’éteindra en 1970 avec la démolition des baraquements du quartier. Le Groupement de Défense Laïque continue ses activités uniquement à l’école publique de St Joseph (aujourd’hui Maison des Associations) qui deviendra son siège. M. Puceul en assurera la présidence.

Parallèlement à l’augmentation des effectifs scolaires, le nombre d’adhérents à l’Amicale Laïque va croissant jusqu’aux années 60 où l’on compte 8 familles sur 10 ayant leur carte d’amicaliste ; Gachet et les Castors (Quartier de la rue du Millau) les plus représentatifs. (on recense, à st Joseph, 2000 habitants en 1954).
Si les fêtes de Noël se déroulent à l’école, les kermesses de printemps ne peuvent se tenir dans la cour où sont édifiés des baraquements de bois pour les nouvelles classes.

De 1958 à 1960, les kermesses se tiennent à Gachet, sur les rives de l’Erdre, avec des spectacles de qualité et pas moins d’une dizaine de stands.

Dans le même temps, une section sportive se crée et un bureau spécifique est élu, ALSJ (Amicale Laïque Saint Joseph) qui deviendra, 20 ans plus tard, l’ALPAC. La section pratique le basket qui aura ses heures de gloire, mais aussi ses difficultés dues aux manques d’effectif et fusionnera avec l’AL Batignolles en 1967. Les élèves de l’école participent au Cross des Ecoliers organisés par l’USEP-UFOLEP. L’Amicale s’en verra confier l’organisation en 1964. Des voyages de fin d’année scolaire sont organisés : journée à la mer, visite du port de Nantes en bateau...

Un club de jeunes verra le jour en 1966, puis la mise en place d’une section céramique qui s’éteindra fin 1968. Des conférences FAL sur la laïcité ainsi que sur le planning familial sont organisées en 1965 mais déjà le manque de salle de réunion se fait sentir à St Joseph.
On parle aussi d’Inter Amicale Laïque sur le 8ème Canton, et l’Amicale Laïque participe aux manifestations pour la défense de l’université à Nantes, ainsi qu’aux grèves scolaires de décembre 1966, mai 1968 et octobre 1969.

L’Amicale est présente sur la vie du quartier. En 1957-1958, trois amicalistes sont délégués pour participer aux bureaux de vote lors des élections politiques. Des interventions auprès de la Mairie sont faites, en commun accord avec les parents d’élèves (École Publique/École Privée) pour l’aménagement de trottoirs pour la sécurité des enfants.

La construction d’un groupe scolaire est envisagée, et même un C.E.S est prévu rue du Port des Charettes. Mais la baisse de la population (1073 habitants en 1968) voit fondre les effectifs scolaires ainsi le groupe scolaire ne verra le jour que plus tard.
Des membres du Conseil d’Administration de l’Amicale sont élus au Centre Social de la Pilotière.

Entre-temps, les fêtes de Noël, compte tenu du nombre élèves-parents, se déroulent à la salle des Marsauderies mieux adaptée pour les spectacles mais malheureusement excentrée. Une Zone d’Aménagement Concertée est instaurée en 1967 bloquant toute évolution du quartier, axée sur des projets à long terme. De 1950 à 1970, les parents d’élèves, les enseignants et les Directions Départementales de l’Éducation Nationale font corps avec L’Amicale pour défendre, promouvoir la laïcité à St Joseph de Porterie et faire évoluer l’éducation populaire par la création d’activités péri et postscolaires.

L’érosion de la démographie portérienne, atteignant son plus bas niveau en 1975 (954 habitants recensés) n’empêche pas l’Amicale de poursuivre ses activités et de répondre aux aspirations sportives des jeunes du quartier :

  • en 1971, création d’une section Football jeunes à laquelle se joindront, pendant deux ans, des Vétérans adeptes de la détente du dimanche matin, et qui donneront naissance à l’A.S.V (Association Sportive des Vétérans de Saint Jo.)
  • en 1973, 1ère course pédestre reliant Gachet au bourg de St Jo qui évoluera ensuite dans les allées du parc de la Beaujoire pendant 10 ans pour devenir la Corrida et Ronde de Noël autour du grand stade Louis Fonteneau.
  • en 1976, début de la section handball avec des benjamins.

Les activités "fêtes" continuent avec l’Arbre de Noël à la salle des Marsauderies. La fête du Printemps dans la cour de l’école (aujourd’hui Maison des Associations) et sur le terrain de foot attenant (occupé maintenant par le groupe scolaire Louis Pergaud). Des manifestations ponctuelles ont lieu pour la sécurité des enfants à la sortie des écoles. Une pétition commune aux Associations sportives est envoyée à la Mairie en Novembre 78 pour demander des équipements sportifs (POS).
Le secteur culturel s’équipe également :

  • Labo-photo avec agrandisseur dans un baraquement
  • Four pour céramique
  • Bibliothèque (qui déménage plusieurs fois)
  • Ciné-club (1 fois par mois)
  • Section Musique - Accordéon - Piano - Solfège
  • Galette des Rois à la Chantrerie au profit d’une classe de mer
  • Fête costumée en février mars toujours très active.

Au projet d’aménagement du quartier envisagé par la Mairie avec la construction de 800 logements, l’Amicale, les enseignants, les parents d’élèves se mobilisent. Une délégation manifeste, lors de l’inauguration du premier lotissement (Port des Charettes) pour réclamer la construction d’un groupe scolaire et d’équipements socioculturels et sportifs allant de pair avec l’urbanisation en cours.

Les années 80 sont des moments forts de l’Amicale.

Notre Amicale organise à la Chantrerie, en janvier 80, les championnats régionaux Pays de Loire de Cross - UFOLEP.
En juin 81, la fête du cinquantenaire durera 5 jours avec la pose de la première pierre du groupe scolaire Louis Pergaud. Une révision des statuts est engagée, complétés par un règlement intérieur ainsi que de nouvelles structures :
- dénomination de l’ALPAC
- un secteur sportif Amicale Laïque Porterie Athlétique Club
- un secteur culturel Amicale Laïque Porterie Art et Culture
- une commission information
- une commission fêtes rattachée au secrétariat général

Le quartier évolue, les constructions poussent comme des champignons, la population se multiplie (2000 habitants en 1982, 6200 en 1988). Les demandes d’activités se font pressantes mais l’Amicale ne peut faute de locaux répondre à toutes les sollicitations.
Le groupe scolaire Louis Pergaud se construit et l’ancienne école est reconvertie en Maison des Associations où deux nouvelles sections peuvent évoluer, la gymnastique d’entretien et la danse enfants. Une section tennis verra aussi le jour.
Des locaux sont affectés à l’Amicale moyennant un loyer de 8000 F l’an grevant sérieusement le budget.
Un deuxième groupe scolaire est ouvert rue du Port des Charettes : le Linot.
Faute de pouvoir réunir dans une même salle l’effectif de 2 groupes scolaires, la traditionnelle fête de Noël est abandonnée au profit de fêtes organisées dans chaque école.
De même, si la fête de Printemps de l’Amicale continue sous la forme de 2 ou 3 jours, l’actualité oblige, que des fêtes de fin d’année scolaire se déroulent dans chaque groupe scolaire ce qui n’empêche pas l’Amicale d’apporter son aide aux Écoles Publiques.
En 1988, la commission information distribue son 1er Numéro de liaison - Presse Laïque (actuellement "Le Petit Journal de Saint Jo") à 2000 exemplaires (à raison de 3 numéros par an), en complément de la plaquette illustrant les activités culturelles et sportives distribuée en septembre.
Au printemps 1989, 3 jours de fête commérant le Bicentenaire de la Révolution Française, au cours desquels l’Amicale donnera naissance, avec faste, à la Commune Libre de Saint Joseph de Porterie, parrainée par la Commune Libre du Bouffay. L’Arbre de la Liberté est planté en présence du Député Maire de Nantes auquel est remis le cahier de doléances de la Commune Libre. Un défilé folklorique parcoure le quartier créant une animation inaccoutumée suivi l’après-midi du 1er Tour pédestre de Saint Joseph de Porterie.

En ce début de siècle, la population portérienne avoisine les 10000 habitants. Les infrastructures évoluent de jour en jour : de nouveaux lotissements (la Fontaine Caron, Gachet, Atlanpole, Embellie..), réaménagement des sorties d’écoles et de la rue Jean-Marie Potiron (plateau piétonnier et places de parking) en "Zone 30", rénovation de la Maison des Associations, une extension du complexe sportif avec la construction d’un second gymnase et d’un terrain de football en herbe. Dans ces gymnases, sont pratiqués le handball, le basket-ball, le volley-ball, le badminton, le tennis, la gymnastique, le tennis de table, la musculation, le saut à la perche. En 1999, de nouvelles activités ont vu le jour :

- l’atelier couture
- l’atelier micro-informatique
- le badminton
- la pétanque

Depuis ces années récentes, les moments forts de l’ALPAC sont :

- le forum d’activités (1er samedi de septembre)
- l’Assemblée Générale des Adhérents (novembre)
- la Corrida de la Beaujoire (dernier samedi de décembre)
- la Galette des Rois (janvier)
- la Soirée costumée (mars)
- Le Pas Athlétique (juin)
- et la Fête du Secteur Culturel (juin).

Aujourd’hui, l’Amicale dépasse largement le millier d’adhérents et pose la question de sa stucturation. De même, comment fidéliser les bénévoles et en impliquer davantage ? La demande d’activités est croissante mais le nombre de bénévoles est inverse.
Alors, quelque soit votre compétence, venez nous rejoindre ! Un peu de "sang" neuf... pour une amicale octogénaire !

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L’ECOLE PUBLIQUE

L’école publique de St Joseph de Porterie : + de 90 ans

Notre quartier date de 1845-1846. Sur une parcelle du domaine de Porterie, les Lelasseur, de Saint Pern, Lévesque et Dufort, propriétaires de toutes les terres du quartier où ils possédaient leurs résidences secondaires, firent ériger une paroisse sous le vocable de Saint Joseph. Quelques maisons suivirent, premiers éléments d’un petit bourg rural. On édifia un presbytère, on aménagea un cimetière.
Le 9 Décembre 1850, une école de garçons s’ouvrit dans une dépendance de la cure, avec une trentaine d’enfants. Le premier instituteur qui a laissé une trace dans les archives se nommait Pierre Hervé. En 1854, une seconde école était créée : Mathilde Mélanie Dupont, soeur de Saint Gildas, en religion Soeur Saint Norbert, y accueillait les filles.
Les deux écoles, privées, étaient subventionnées par la ville de Nantes, ce qui arrangeait bien les municipalités : cela leur évitait d’avoir à construire et à entretenir des écoles communales. Le fait que ces écoles soient des écoles catholiques ne choquait pas les maires, même le protestant Ferdinand Favre.
Saint Joseph, bien que section de la commune de Nantes, était une paroisse rurale. Il en reste, pour "l’étranger" arrivé plus tard dans le quartier, l’impression d’un cercle très fermé, très uni autour de son église, mais très chaleureux pour celui qui en faisait partie. La paroisse avait son école, elle aura plus tard son patronage avec ses équipes sportives et son théâtre amateur, ses infirmières, sa Coopérative qui rassemblait tous les agriculteurs du quartier, sa mutuelle, sa banque. Tout le monde ou presque y pratiquait le même métier, celui de la terre.

"Hors de l’Église, point de salut", disait-on alors, et ce n’était pas une vaine parole. La fin du 19ème siècle vint bouleverser cet ordre. Napoléon III, avec la lamentable guerre de 1870-1871, venait d’achever de déconsidérer les pouvoirs monarchiques, et la France devenait une République, approuvée par le suffrage redevenu "universel". Une grande partie de l’Église catholique, restée royaliste, et sentant son pouvoir temporel lui échapper, tenta de freiner des quatre fers, ce qui amena, en 1905, la loi de séparation de l’Église et de l’État.
Cette évolution va être particulièrement sensible dans le domaine de l’enseignement. Les lois du 16 juin 1881 (gratuité de l’école publique) et du 28 mars 1882 (l’école devient obligatoire, l’école publique devient laïque) en sont l’aspect le plus connu. La commune de Nantes élit des municipalités républicaines qui créent en ville de nombreuses écoles publiques. Saint Joseph, au fond de sa campagne, et malgré les rappels du Préfet, reste en dehors du mouvement : on sent peut-être, à la mairie, que la population du quartier n’y est guère favorable.
La municipalité de Gabriel Guist’hau va se sentir beaucoup plus concernée, et le 11 décembre 1908, l’adjoint L. Viel présente une première étude au Conseil Municipal. Elle fait état d’une nouvelle demande du préfet, qui souligne le fait que les 40 garçons et les 40 filles scolarisés à Saint Joseph le sont " dans des écoles privées mal installées, dépourvues des choses les plus indispensables et confiées à des sécularisés qui reçoivent un traitement que leur sert, contrairement à la loi, la ville de Nantes".

Le préfet est conscient que pas un propriétaire du quartier n’acceptera de vendre une parcelle pour installer une école publique ; le cas s’est déjà présenté, dans les faubourgs de Nantes. Il faudra sans doute procéder à une expropriation. Au grand scandale de l’abbé Chatelier, curé de la paroisse, il n’y aura pas lieu d’exproprier :
"La municipalité retardait depuis de longues années la création d’un groupe scolaire. Le dernier maire, M. Sarradin, ne voulut jamais y consentir. Le maire actuel Guist’hau, poussé par son triste conseil, n’a pas hésité à entreprendre ce travail. On a acheté très cher un terrain , six francs le mètre, avec la famille Lelasseur. M. Louis Lelasseur n’a point attendu une expropriation [...], il a accepté après avoir demandé à la ville cette somme énorme. Cela fait regretter profondément la mort de Monsieur et Madame Lelasseur fondateurs de l’église et donateurs du presbytère. Ils auraient subi l’expropriation avant de se rendre."

En août 1909, un arrêté ministériel approuve la création d’une école de garçons et d’une école de filles à Saint Joseph de Portricq, commune de Nantes ; c’est un Nantais qui l’a signé, le Président du Conseil Aristide Briand. Le terrain - un verger de 2250m²- a été acheté à M. Lelasseur de Ranzay à raison de 6F le m², l’abbé Chatelier était bien renseigné. La construction est confiée à un "consortium" constitué pour l’occasion par la Chambre Syndicale des Entrepreneurs, association formée d’entreprises dont certaines feront leur chemin : Jean Le Guillou, Joseph Paris... Il semble bien que la municipalité Guist’hau, en dotant le quartier le plus rural de Nantes d’un beau groupe scolaire, ait voulu "marquer le coup".

En 1910, on ne lésine pas sur la qualité ! Les meilleurs matériaux sont choisis, pierre de Sireuil, carrelages "premier choix", décor architectural en "briques pressées de Couëron"... Le groupe scolaire forme un quadrilatère coupé en deux par un haut mur de pierre qui sépare les filles des garçons. Une seule porte, à la hauteur des cantines, permet la communication entre les deux écoles. Derrière les logements des instituteurs, s’étendent les deux cours de récréation, ombragées chacune par une dizaine de tilleuls à grandes feuilles, avec chacune son préau et, le long des murs extérieurs, ses "cabinets d’aisance". Au fond des cours s’ouvrent la classe des filles et celle des garçons, séparées par les deux salles de cantine.

90 ans plus tard, l’école était toujours debout, transformée en Maison des Associations.
La démolition des deux vieilles classes pour les remplacer par des constructions nouvelles se justifiait-elle ?
Les Associations qui ont été consultées pour l’élaboration du projet de transformation, en 1999-2000, n’en sont pas convaincues. Les vieux bâtiments ne manquaient pas d’allure, avec leurs bandeaux et leur dentelle de brique, témoins d’un certain style des années 1900. Les deux claires et vastes classes, d’une qualité de construction exceptionnelle, étaient faciles à chauffer l’hiver, et restaient toujours fraîches en été : les matériaux modernes assureront-ils un confort équivalent ?
Madame Potiron ouvre l’école le lundi 2 octobre 1911, avec deux classes : 26 garçons et 4 filles. Ce faible effectif entraînera vite la suppression d’une classe. Le vieux bourg de Saint Joseph est toujours aussi soudé autour de son église ; les vieilles familles portériennes se sentent bien, dans le solide et chaleureux réseau d’oeuvres que le clergé a su créer ou favoriser. Il n’est pas question pour elles d’envoyer leurs enfants dans une école laïque ; la vieille école catholique du bourg est leur école, elles l’ont bâtie de leurs mains.
Les familles qui envoient leurs enfants à la nouvelle école publique, peu nombreuses, sont exclues de ce cercle. Il s’agit d’enfants d’employés de la municipalité, d’ouvriers des industries naissantes des environs, de familles souvent très peu fortunées de Gâchet. Après la guerre 1914-1918, les enfants des premiers ouvriers des Batignolles y seront reçus, en attendant que l’usine ouvre ses propres écoles dans les Cités en bois.
Après la seconde guerre mondiale, l’école publique accueille une bonne partie des enfants des nouveaux lotissements., la Brosse, les Castors ; elle aura jusqu’à 5 classes. Comme les architectes de 1910 n’ont prévu que deux classes en "dur", la ville fait monter dans la cour trois baraquements exigus, rescapés sans doute d’une cité d’urgence des années 1945. Vers 1970, l’école adopte le nom de "Louis Pergaud".
Fin des années 1970 : la ville commence à s’étendre sur les vieilles terres agricoles de Saint Joseph. Il est temps de songer à recevoir les nouveaux écoliers. La municipalité Chénard vient d’être élue, la nouvelle école du quartier va être une de ses premières réalisations. Le projet va être discuté pendant plusieurs mois entre les élus, les techniciens, bien sûr,mais aussi, grande nouveauté, avec les parents d’élèves et les enseignants. Il en sort une réalisation assez exemplaire, qui répond en grande partie aux demandes de l’époque : école toute de plain-pied, accessible aux éventuels enfants handicapés, classes pourvues d’un "atelier" permettant les activités particulières, vaste bibliothèque, restaurant scolaire fonctionnel...
L’urbanisation continuant de plus belle, il faut bientôt bâtir école ailleurs, au carrefour de la Beaujoire, à la Maisonneuve, au Linot. Entre Gâchet, Ranzay, l’Erdre et la Garde, les 900 Portériens de 1970 sont maintenant 10 000 !

Louis Le Bail

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L’ERDRE ET SON CHEMIN DE HALAGE

De Nantes au Pont-Hus, près de Petit-Mars, l’Erdre est un lac, sans doute le plus ancien des grands lacs de barrage de France. On attribue à Saint Félix la construction de la première digue qui fit de la modeste rivière la grande étendue d’eau que nous connaissons aujourd’hui.

Cela se passait vers l’an 550, au temps des Mérovingiens. Un texte assez obscur, écrit par son confrère et ami Fortunat évêque de Poitiers, fait allusion aux grands travaux réalisés par l’évêque Félix sur les cours d’eau nantais.

Ce premier barrage, c’était la chaussée Barbin, une large digue de pierre et de terre qui coupait la rivière cent mètres en aval du pont actuel de la Motte-Rouge, à l’endroit où notre quai Barbusse fait un coude pour rejoindre la place Waldeck-Rousseau. La Chaussée était assez épaisse pour accueillir trois moulins. Deux pertuis, ou "pêcheries", munis de vannes, permettaient de contrôler le niveau de l’eau en amont. La Chaussée de Barbin permit la navigation de Nantes à Nort, assurant à la rivière un niveau constant, indépendant des marées qui auparavant se faisaient sentir assez loin dans les terres.

Pendant des siècles, l’Erdre connut un trafic important. Elle apportait à Nantes le bois de chauffage, le fer des forges du Comté Nantais, des matériaux de construction ; les paysans descendaient, vers les marchés de la ville, les produits de leurs récoltes. La première étape du voyage vers Châteaubriant s’effectuait en bateau : à Nort, une voiture à cheval attendait les passagers pour la suite du voyage.

Si elle facilitait la circulation en amont, la Chaussée de Barbin l’interdisait en aval : les bateaux ne pouvaient la franchir. Elle était le premier d’une série de barrages (Port Communeau, les Halles), qui divisaient la rivière en plusieurs bassins dans la traversée de la ville, et empêchaient le passage en Loire. Les bateaux devaient décharger leur cargaison au port Barbin, à l’emplacement de la place Waldeck-Rousseau. Mariniers, bateaux-lavoirs, loueurs de canots, s’y disputaient les places disponibles.

Les riverains d’amont accusaient les meuniers de Barbin de retenir beaucoup trop d’eau pour faire tourner leurs moulins, inondant ainsi les propriétés du bord de la rivière : le niveau réglementaire était plus que celui d’aujourd’hui, quelques décimètres de plus noyaient les récoltes de foin ou de roseau, et, bien plus grave, les pelouses de Pont-Hus à Petit-Mars. Les dits meuniers rejetaient la faute sur la meunière du moulin des Halles ; il s’en suivait de terribles disputes, quand ce n’était pas d’interminables procès. Ce problème avait failli être résolu vers 1670. Puis en 1731, lorsque deux ou trois grands propriétaires riverains imaginèrent d’acheter la Chaussée pour la détruire : la baisse de niveau consécutive leur aurait fait gagner quelques arpents en asséchant le lac. Devant les réactions indignées des autres propriétaires, le projet tomba... à l’eau.

En ce temps-là, les gouvernements français et anglais avaient pris la déplorable habitude de se faire la guerre. La mer séparant les deux pays, les combats se faisaient sur l’eau, et la France n’avait pas toujours le dessus, loin de là !

A la du 18ème siècle, on pensa à creuser un canal entre Nantes et Brest ; en passant à l’intérieur des terres, les bateaux français éviteraient les mauvaises rencontres. Pour cause de Révolution, le projet fut retardé de quelques dizaines d’années, et le Canal de Bretagne ne fut réalisé qu’au 19ème siècle (1811-1836).

A cette occasion, un nouveau barrage fut édifié, au bas de la rue du Calvaire (l’Erdre occupait alors l’emplacement de notre Cours des Cinquante Otages). Il était muni d’une écluse. Le lit de l’Erdre fut régularisé dans la traversée de la ville, les chaussées des Halles et du Port-Communeau furent détruites, et la Chaussée Barbin fut percée d’une passe à bateaux surmontée d’un pont en bois. Ces nouvelles installations, contrairement à ce que l’on entend parfois, ont fait baissé le niveau du lac de 60 cm environ : les riverains n’ont donc rien perdu, au contraire !

La Chaussée de Barbin a disparu définitivement du paysage nantais en 1887 : ses débris ont servi à édifier les abords du pont de la Motte -Rouge.

Le lac n’est jamais très profond : 3 à 4 mètres à peine au milieu du chenal. Celui-ciétait balisé par des perches de bois, droites d’un côté, sommet cassé de l’autre (balises "de galerne", encore utilisées il y a peu d’années).

La navigation se faisait "à la bourde", grande tige de bois que le marinier appuyait sur le fond de l’eau. Si le vent le permettait, on dressait un bout de voile carrée, pour épargner la peine des hommes.

Le canal lui-même, de Nantes à Quilheix, était pourvu d’un chemin de halage, et même, sur l’autre rive, d’un "contre-halage". Cela permettait d’utiliser la traction humaine (à la "bricole") ou chevaline. A la dernière écluse, il fallait dételer : le lac est beaucoup trop large, ses rives trop marécageuses, pour utiliser ce mode de déplacement.
On envisagea alors de prolonger le chemin de halage jusqu’à Nantes ; un projet fut établi vers 1844 : il figure sur certains exemplaires de l’atlas Tollenare des cantons de Loire-Inférieure. Il suivait la rive droite, en coupant à travers les zones marécageuses. Le règne de Louis-Philippe se terminait alors par une grave crise économique ; chômage, misère, la situation devenait inquiétante. Les autorités créèrent alors des "ateliers de charité" qui fournirent un peu de travail aux nécessiteux.
C’est dans ce contexte que débute le chantier, le 22 mars 1847. Le projet se heurte à l’opposition des propriétaires, sauf à la Jonelière : l’ingénieur souligne le "concours loyal et empressé" que lui offrent Olivier de Sesmaisons et Charles Aubert. C’est donc à la Jonelière que l’on commence les travaux. Le franchissement de la Boire de la Verrière (embouchure du Gesvres) sera une bonne expérience "en vue de l’exécution de remblais sur fonds vaseux", ce qui attend les constructeurs, en plus grand, à Mazerolles et à la Poupinière.
Les travaux, souvent interrompus, se poursuivent cahin-caha, au gré des maigres déblocages de crédits, jusqu’en 1848. C’est en vain que l’ingénieur s’indigne : « Comment pouvoir, sans injustice, et même sans danger, renvoyer des ouvriers tout aussi nécessiteux et tout aussi misérables que lorsqu’on les a appelés sur le chantier ? ». Comment justifier l’arrêt des travaux aux propriétaires qui ont cédé leur terrain, coupé leurs arbres ?
Fin 1848, pourtant, le ministère met en doute l’utilité du chemin de halage : il faudrait savoir « si les mariniers ne traversent pas les marais avec la gaffe au moins aussi vite qu’ils parcourent les biefs du canal avec la cordelle ». Ne vaudrait-il pas mieux payer « le propriétaire du bateau àvapeur qui fait tous les jours le voyage de Nort afin d’employer ce bateau comme remorqueur ? ».
Et c’est ainsi que se termine le chantier du chemin de halage : 1200 mètres environ ont été plus ou moins réalisés, de la Boire de la Verrière à la Tortière.

20 ans plus tard... L’ingénieur Eon-Duval a repris le projet ; il prévoit une dépense de 490000F, de la Tortière à Quilheix. Les rapports de ses adjoints font de nouveau état de l’hostilité des riverains ; les malheureux vont être « troublés dans la jouissance de leurs propriétés d’agrément dont les abords seraient par suite de l’existence d’un chemin de halage pour ainsi dire à la merci d’une foule de promeneurs appartenant à la classe ouvrière qui fréquentent ces parages les dimanches et fêtes et souvent même les autres jours de la semaine ». Et chacun sait, dans le beau monde, que « la société qui hante la rivière d’Erdre est déplorable sous le rapport des moeurs« . L’imminence d’un tel danger- le projet a été déclaré d’utilité publique le 27 avril 1861 - ne pouvait que susciter des actes d’héroïsme chez ces nobles coeurs.
L’idée d’un remorqueur n’est pas oubliée. Et le 12 janvier 1869, Louis Lévesque (propriétaire de la Poterie et de la Chantrerie), la veuve Poydras de la Lande (la Gascherie), et R. Coinquet (maire de Nort-sur Erdre), s’engagent « conjointement et solidairement » à se charger de l’entreprise « d’un service subventionné de remorquage entre Nantes et Nort » , moyennant une subvention de 36 F par jour où le remorqueur aura « effectué un voyage à l’aller et au retour entre Nantes et Nort ».
Le Ministère de l’Agriculture et des Travaux Publics est d’accord : le remorquage va être établi, à titre expérimental, pour une durée de 15 ans. Mais, si au bout de 5 ans il n’a pas été donné satisfaction, on reviendra à l’idée du chemin de halage. Le service est mis en adjudication le 14 juillet 1869. Comme aucun autre candidat ne s’est manifesté, les trois associés doivent, bien à contrecoeur, exécuter leur promesse.

Le premier remorqueur est "l’Éclair", un vapeur en fer construit à Nantes. Deux machines à vapeur "Gâche frères" entraînent deux roues à 14 palettes de 3,20 m de diamètre. Il appartient au sieur Boyer, directeur des "Paquebots de l’Erdre", que les associés ont chargé de mettre en oeuvre leur entreprise.

1874... Les trois associés réclament la résiliation de leur contrat : au lieu du bénéfice escompté, l’entreprise est déficitaire ; le prix du charbon a augmenté, les droits de remorquage ne rapportent pas autant que prévu, deux ans de guerre n’ont rien arrangé...
Refus de l’administration : les ingénieurs des Ponts et Chaussées démontrent facilement que les difficultés viennent du fait que les associés, au lieu de faire construire un vrai remorqueur, ont préféré faire adapter à moindre coût un bateau à passagers. « Un bateau pour voyageurs ne fera jamais qu’un mauvais remorqueur, confirme le constructeur Gâche aîné, et un remorqueur sera toujours un mauvais bateau à voyageurs ».
L’entreprise Boyer a déclaré forfait. La menace d’un chemin de halage est toujours présente. Louis Lévesque doit trouver rapidement un autre remorqueur. M. Gris, fabricant de Chaux, qui possède un bateau convenable de 22 chevaux, "la Providence", prend la succession. Le ministère a accepté de porter la subvention quotidienne de 36 F à 46 F.
De nombreux incidents viennent animer les opérations de remorquage. Le premier mois, les tarifs sont appliqués avec beaucoup de fantaisie. Le remorqueur oublie trop facilement de s’arrêter à Quilheix, pour emmener les bateaux qui arrivent de Redon. Les machines tombent en panne, de préférence au milieu des plaines de Mazerolles. Un jour, le remorqueur se retrouve à la tête de file de 13 bateaux ; le capitaine doit se fâcher tout rouge et aller décrocher lui-même les resquilleurs.
Néanmoins, en 1872, l’ingénieur en chef estimait que l’entreprise avait fonctionné 330 jours dans l’année, et que 72 000 tonnes avaient été remorquées : la moitié du tonnage qui avait circulé sur l’Erdre cette année-là.

Louis Lévesque n’a réussi à se débarrasser de son fardeau qu’à la fin de son contrat, en 1875. Le remorquage a continué encore longtemps : les vieilles cartes postales du début du 20ème siècle nous montrent le vaillant "Moustique" remorquant des trains de bois devant Sucé ou Port Mulon. Les automoteurs apparaissent tout à la fin du 19ème siècle. La concurrence du chemin de fer, puis de la route, va porter un coup fatal à la navigation de commerce, et il ne sera plus question du chemin de halage. Les quelques ébauches que l’on peut voir au Vieux-Gâchet, ou à la Chantrerie, ne sont sans doute que les chemins des anciens grands domaines, ou peut-être des carrières où les bateaux venaient chercher des matériaux.

Il faudra attendre la seconde moitié du 20ème siècle pour que tout le monde ait accès aux rives de l’Erdre, au moins à Nantes et à la Chapelle. Mais ceci est-il vraiment une autre histoire ?
(Texte rédigé d’après les archives des Ponts et Chaussées,
déposées aux Archives Départementales de Loire-Atlantique)

Louis Le Bail

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PORTERIE OU PORTRICQ ?

Autrefois, on écrivait indifféremment l’une ou l’autre forme. Ce n’est que vers 1960 que la forme Porterie a été adoptée - définitivement ?- par la municipalité nantaise. Avec quelques regrets, puisqu’on a vu naître dans le quartier, depuis, une allée de Portricq.

Porterie est le territoire d’une très ancienne seigneurie déjà mentionnée au Moyen Âge. Au 17ème siècle, Porterie passe aux mains de la famille d’Espinoze, célèbres négociants d’origine espagnole établis à Nantes et anoblis, qui possèdent également à Carquefou le vaste domaine des Renaudières - la Fleuriaie. Au 18ème siècle, une fille d’Espinoze épouse un fils de Rosmadec, et les marquis de Goulaine deviennent donc propriétaires de Porterie, dont ils vont être les derniers seigneurs.
Jusqu’à la Révolution, Porterie (qui n’était pas encore Saint Joseph) et l’Etang-Hervé (qui n’était pas encore Gâchet) étaient des groupes de hameaux qui faisaient partie de Saint Donatien. Avant 1789, Saint Donatien était une paroisse, aussi indépendante de Nantes, sans doute, que ses voisines Carquefou, Doulon, Sainte-Luce, La Chapelle-sur-Erdre. Saint Donatien s’étendait sur la rive gauche de l’Erdre, dans les limites actuelles de Nantes et sur la rive droite jusqu’au château de la Poterie en face de la Chantrerie.
En 1791, Saint Donatien est rattaché à Nantes et c’est ainsi que les Portériens devinrent Nantais.

Porterie au 18ème siècle

A l’emplacement du bourg, il y avait des champs, des prés, des tailles. La construction la plus importante était le "château", ou "maison de Porterie" : tous les lundis matin un homme de loi venait y juger petits délits, contestations et problèmes de voisinage. Comme elle était habitée par les fermiers du domaine, le vieux cadastre la désigne sous le nom de "métairie de Porterie". On la voit encore derrière la boulangerie.

A quelques centaines de mètres, Porterie-Village regroupait plusieurs hameaux ou maisons isolées : les Couffins, le Petit-Launay, le Houx, le Buron, La Vieillerie (ou Violerie), le Linot, le Gotha... A 50 mètres au nord du " château", s’élevait la vieille chapelle de Portricq, disparue vers 1930. A 300m vers le nord, le long de la route de Saint Joseph on voit encore les vestiges de la grosse métairie de Malitourne, et près de l’entrée de la route de Gâchet, tournaient les ailes du " moulin de Porterie". De l’entrée du "château", on gagnait la route de Châteaubriant par une belle allée, "l’avenue de Porterie" , dont les arbres ont dû servir à cuire le pain des Nantais pendant la Révolution. Elle est devenue la "rue du Bêle", allez donc savoir pourquoi...
N’oublions pas de citer les autres hameaux : les Garniers, près du château ; la Conardière et le Brouillard ; la Fontaine-Caron et le Bêle ; les deux petites borderies de "Blanche" et celle de Rogeolais. Tout au nord le port Brégeon, le Picot, la Brégeonnière,la Guiblinière, la Porte-Douillard, Boisbonne et Bois-Bonnière, étaient connus sous le nom de l’Etang-Hervé, terme qui désigne encore aujourd’hui le ruisseau qui sépare Nantes de Carquefou. Entre l’Etang-Hervé et Porterie, on passait près de la métairie de la Chantrerie, qui appartenait au Chapitre de la Cathédrale, et près des grosses fermes de Cheviré et de la Perverie.

Porterie au 19ème siècle

Le domaine de Porterie
René-François Lelasseur descend d’une famille de "blétiers" (angevins négociants en grains) établie à Nantes au début du 17ème siècle. Il est avocat général de la Chambre des Comptes en Bretagne, troisième personnage de cette vénérable institution. Il dispose d’une solide fortune, qui lui a permis de quitter la maison familiale, rue du Moulin, pour acheter l’hôtel Lelasseur près de l’Oratoire. Il a reçu en héritage Clermont-Ranzay (aujourd’hui mairie annexe du quartier) En 1787, il achète pour 126000 livres, le domaine de Porterie voisin. La perte de sa haute fonction (la Chambre des Comptes est supprimée par la Révolution) ne l’empêche pas de s’offrir le Boie-Hue, puis la Loge (partie nord de la Chantrerie). Il laisse à sa mort, en 1838 , 300 hectares à ses héritiers, 25 métairies, borderies, corps de fermes... sans compter 50 hectares de prairies à Mauves, la Papotière et le verger à Doulon, la Bastière à Saint Philbert de Grand-Lieu, la Renaudière à Couëron, la Sauzinière (boulevard Lelasseur) et quelques maisons et hôtels particuliers à Nantes.

La Chantrerie

Ancienne terre d’église, confisquée à la Révolution, la Chantrerie appartient au 19ème siècle à la famille Lévesque, dont un membre a été maire de Nantes. Les Lévesques, négociants, pratiquent le commerce triangulaire, bien après l’interdiction de la traite des noirs. Le château a été reconstruit en 1860 et le parc a été dessiné par M. Noisette, l’architecte paysagiste du Jardin des Plantes.

Cheviré - la Perverie

Les terres qui accueillent aujourd’hui l’Atlanpôle appartiennent aux de la Tullaye. A la suite de son mariage, Raoul de saint Pern devient propriétaire vers 1840 de ces 80 hectares, répartis entre deux belles fermes : Cheviré (on prononçait Chuiré) sous l’École des Mines actuelle et la Perverie près du rond-point d’Atlanpôle.

Le Fort

Une de ces célèbres " Folies Nantaises". Le château porte la date de 1753. Il a été construit par François Galbaud du Fort, qui partageait sa vie entre Nantes, où il avait une charge à la chambre des Comptes, et Saint Domingue (Haïti) où il possédait une belle plantation de canne à sucre, cultivée bien sûr par des esclaves. La terre du Fort, dit-on, appartint à Alain Barbetorte qui, au 10ème siècle, y aurait possédé un repos de chasse.

Launay

Un petit château très simple (début du 19ème siècle), une pièce d’eau, un superbe platane, un des plus beaux arbres de Nantes. Au milieu du 19ème siècle, le domaine appartenait aux Ducoudray-Bourgault, qui pratiquèrent très tard, bien après l’interdiction le commerce des esclaves. Les deux petites borderies du Millau dépendaient du Launay.

Saint Georges - La Halvêque

Anciennes propriétés de l’évêché : la Halvêque c’était "la Haie-l’Evêque". Jusqu’à la Révolution, les propriétaires sont les Cosnier de la Botinière, hobereaux des environs de Saffré. Le Bois de Saint Georges (à l’emplacement du parking de la Haluchère) fut un des hauts lieux de bataille de Nantes, en 1793. Le domaine englobait le manoir et le moulin de la Halvêque, le moulin de la Garde , les borderies de la Beaujoire (sous le terminus du tramway), la maison de la Bouchetière (sous l’Otelinn de la Beaujoire).
Remarquons(on ne s’en doute guère aujourd’hui) que la principale culture pratiquée sur ces domaines, c’est la vigne, entre la route de saint Joseph et l’Erdre, les coteaux étaient couverts de vignes.

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